Commune de Juriens - Tél. +41 24 453 18 19 - Fax +41 24 453 18 26

 
 

Histoire de Juriens

Les vestiges retrouvés nous prouvent que l'emplacement du village de Juriens était déjà connu à la fin de l'époque du bronze mais son véritable développement est intimement lié à l'histoire du couvent de Romainmôtier, dont il était le lieu le plus populeux.

Dans l'ouvrage "Carte archéologique du Canton de Vaud" édité en 1927, nous retrouvons les mentions suivantes sans indication de date :

- 1. Sous un énorme bloc, un paysan découvrit dans un lit de terre tamisée un dépôt d'objets de fer parmi lesquels une hache de bronze.
- 2. Près de ce village, il doit exister des ruines d'habitation, on y aurait découvert des monnaies isolées.

Il existe encore quelques traces de civilisation romaine à Juriens. Aux Prims Bois, où était fondu le minéral de fer, fréquemment, nous retrouvons dans les champs situés en direction de Moiry, de nombreux sites où abondent les scories. Lors de travaux agricoles apparaissent quelquefois des fragments de poterie et de tuiles qui pourraient être de l'époque romaine.

Les sites "historiques" connus se trouvent sur le bas du territoire de Juriens, principalement aux Prims Bois, en Paudex, en Rosset, en Rougeboux, sur le tracé d'une voie romaine qui conduisait à Genève et Nantua, par le pied du Jura. Une parcelle s'appelle encore la Vy du Plan.

En 1400, les hommes de la baronnerie de la Sarraz firent irruption à Juriens, le pillère et emmenèrent 2'000 bêtes en gagement. Les religieux de Romainmôtier se plaignirent et les envahisseurs furent condamnés à de très grands dommages. Nous avons de la peine à comprendre comment un petit village pouvait nourrir un pareil nombre de bêtes; il faut supposer que c'étaient des moutons.

En 1529, on y comptait 26 feux (foyers), tandis que Vallorbe n'en avait que 12, Vaulion 20, Arnex 20, Bretonnière 16 et La Praz 6.

Incendies mémorables

De tous temps, l'incendie a été la grande peur des villageois; tout au long de l'histoire du village, nous retrouvons les traces de ces catastrophes, soit dans les livres, soit dans la tradition orale.

De 1733 à 1758, 4 incendies dévastèrent le village. 

Le 21 mai 1758, à onze heures du soir, quatorze bâtiments, granges et écuries, avec tout le mobilier et le petit bétail furent anéantis.
Le 22 mai 1758, les "seringueurs" établis à Romainmôtier firent rapport au Bailly que "ayant voulu conduire la seringue du château à Juriens pour combattre l'incendie ci-dessus et ayant voulu la mettre en usage, elle s'était trouvée hors d'état de servir vu que tant la caisse que les tuyaux étaient entièrement délabrés et ne tenaient point l'eau, ce qui fut la cause du dit incendie a été plus grave qu'il n'aurait pu être si la dite seringue avait pu servir".

Au 18ème et 19ème siècle, des incendies ravagèrent encore le village. Les personnes âgées nous parlent encore du tilleul situé en face du café qui, par ses branches feuillues, arrêta les tavillons enflammés, ce qui évita au village d'être complètement détruit.

Dans la dernière moitié du 19ème siècle, les fours à chaux furent rallumés à proximité des buissons où l'on trouvait en abondance le bois pour chauffer et les pierres qui devaient "cuire" pendant une semaine.

L'emplacement actuel du village a été choisi en fonction des sources et de l'ensoleillement. Juriens n'a plus de ruisseau, mais les sources sont nombreuse et entourent tout le village. A l'origine, les maisons étaient alignées et formaient un village-rue, comme Vaulion et quelques villages du Pieds du Jura, mais des incendies successifs ont démantelé cet ordre et lors des reconstructions, le village a trouvé son étalement actuel.